• Lefranc DORELUS*
  • Sherly CIVIL *
  • Linda M. SEVERE **
  • Marc-Félix CIVIL ***
  • Ronald EVEILLARD****
  • Dodley SEVERE *****
  • *Psychologue, Unité de néonatologie, PMK
  • **MD, MPh,  MSc, PMK
  • ***MD, MSc., PhD : Gynécologue-obstétricien, Psychologue, docteur en philosophie spécialisé en éthique, soins
  •        et santé.
  • ****MD, Chef de Service de Pédiatrie HUEH, PMK
  • *****MD, Chef de Département de Pédiatrie UEH, PMK

Mots-clés : Pwogram manman kangourou ; Néonatologie ; Méthode Mère Kangourou ; Prise en charge psychologique.

Résumé

La  méthode mère kangourou (MMK) mise sur pied pour accueillir et accompagner les mères et leurs progénitures de  faible poids est la toile de fond du Pwogram manman kangourou (PMK).  À l’Unité de néonatologie de l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), depuis plus de dix ans, grâce à  ce programme, une attention particulière et incontournable est apportée aux nouveau-nés de faible poids. Le PMK comprend une équipe composée de Médecins, Infirmières, Psychologue et Agents communautaires. Cet article met en exergue la place et le rôle du Psychologue au sein de l’équipe. L’expérience de son inégalable contribution dans la qualité des soins et dans l’encadrement du binôme mère-enfant en fait un exemple à répliquer.

Introduction

L’Unité de néonatologie, située au cœur de la maternité de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), prend en charge les nouveau-nés présentant une détresse vitale. La population hospitalisée dans cette unité comprend les nouveau-nés, nés prématurés ou à terme ; tout nouveau-né avec un poids inférieur à 2000 y reçoit une attention particulière. Donner la vie, prodiguer des soins et raviver l’espoir de survie sont des défis quotidiens auxquels les professionnels de ce secteur sont confrontés. Pour répondre à ces défis, les praticiens de l’Unité de néonatologie ont recours à la méthode mère kangourou (MMK), introduite en Haïti depuis juillet 2011 par le Dr Dodley Sévère dans le cadre du « Pwogram manman kangourou » (PMK).

image 1: Maternité de l’HUEH

La MMK, initialement développée en Colombie par les Drs Edgar Rey Sanabria et Hector Martinez en 1978, a été conçue pour compenser le manque d’incubateurs dans les contextes à faibles ressources et améliorer la survie des nouveau-nés de faible poids [1]. Cette méthode implique un contact peau à peau entre le nouveau-né et sa mère, permettant de recréer un environnement sécurisant et favorable au développement du bébé. Elle repose sur la théorie de l’attachement de John Bowlby, qui affirme que la relation mère-enfant est aussi vitale pour le développement de l’enfant que les nutriments nécessaires à sa croissance [2].

La MMK s’appuie également sur l’approche humaniste de Jean Watson, qui met l’accent sur l’importance des soins centrés sur l’humanisation et la relation interpersonnelle entre le soignant et le patient [3]. Ce modèle de soins a permis de diminuer la mortalité et la morbidité chez les nouveau-nés prématurés [4]. Il vise à promouvoir une prise en charge globale, où l’aspect émotionnel et le soutien psychologique jouent un rôle aussi essentiel que les soins médicaux et techniques et favorisent la naissance et le renforcement du lien émotionnel entre la mère et son bébé [5].

En Haïti, l’adjonction du psychologue au personnel soignant dans les services de pédiatrie n’est pas courante. Cette disposition serait un terreau fertile pour de nombreux actes de soins [6] : l’accompagnement parental, l’accompagnement dans des situations particulières, le besoin d’une attention particulière aux bébés, pour ne citer que ces points. Cet article vise à décrire l’intégration d’un psychologue au sein de l’équipe de soins néonatals dans le cadre de l’approche MMK du PMK, en mettant en lumière l’accompagnement psychologique des mères, les défis rencontrés, ainsi que la perception des mères vis-à-vis de cette méthode.

image 2: Service de Pédiatrie de l’HUEH en janvier 2010

Le Contexte de l’Unité de néonatologie

Lors du séisme de 2010, le Service de pédiatrie générale de l’HUEH avait subi d’importants dégâts. Grâce aux efforts de restructuration menés par le Dr Dodley Sévère, l’Unité de néonatologie a été relocalisée au sein de la maternité de l’HUEH et a priorisé la prise en charge des nouveau-nés prématurés et de faible poids. L’unité dispose actuellement de 35 lits, répartis dans quatre salles dédiées aux nouvelles admissions, aux soins continus pour les bébés stables et à l’application de la Méthode Mère Kangourou (MMK). La période néonatale, définie comme les 28 premiers jours de vie, est marquée par une grande vulnérabilité des nouveau-nés. Cette vulnérabilité justifie la présence d’une équipe pluridisciplinaire, composée de médecins, d’infirmières, de psychologues et d’agents communautaires, travaillant en synergie pour répondre aux besoins hospitaliers ou ambulatoires du binôme mère-enfant [7]. Pour être efficaces, ces professionnels ont besoin de conditions de travail garantissant la continuité des soins ; or l’HUEH fait souvent face à des mesures de délestage d’électricité, ce qui rend les incubateurs et les tables chauffantes dysfonctionnels. D’où la nécessité de se tourner vers l’adoption de pratiques alternatives comme la MMK.

image 3: Secteur de soins kangourou

La MMK : principes et application

Les trois composantes principales de la MMK sont la position kangourou, la nutrition kangourou et le suivi clinique [8] :

Le positionnement :

La méthode mère kangourou consiste à établir un contact peau à peau prolongé entre le nouveau-né et sa mère. Le nouveau-né est placé en position ventrale, verticale, tête entre les seins de sa mère, vêtu uniquement d’une couche et d’un bonnet, et maintenu ainsi le plus longtemps possible au cours de la journée.

image 4: Nouveau-né en position kangourou

Nutrition kangourou :

La MMK favorise la pratique de l’allaitement maternel exclusif. Toutefois, en cas d’indication, le recours aux préparations commerciales pour nouveau-né prématuré et aux suppléments vitaminiques peut être proposé.

Suivi clinique :

Les patients bénéficient d’un suivi régulier au sein de l’Unité, pendant au moins la première année de vie. Au-delà de cette période, les contacts sont maintenus à travers le volet communautaire du PMK.

Une revue Cochrane et une méta-analyse récentes ont montré que la MMK chez les nouveau-nés stables de ≤ 2000 grammes est associée à une réduction de la mortalité [9, 10], des infections [9, 10], de l’hypothermie [9, 10], de l’hypoglycémie [10] et de la durée de séjour [9] par rapport aux soins conventionnels. La MMK a des avantages physiologiques, psychologiques, comportementaux et cognitifs avérés [11]. Ces bénéfices lui ont valu d’être reconnue par l’Organisation mondiale de la santé comme une pratique essentielle pour les nouveau-nés prématurés dans les pays en développement [12].

Le PMK à l’HUEH

Circuit du couple mère-nouveau-né :

Après admission à l’Unité de néonatologie, la mère du bébé de faible poids est accueillie par l’équipe des soins infirmiers, qui l’introduit aux différentes facettes du PMK. Le Médecin-Résident affecté au secteur effectue les évaluations cliniques et rédige les ordonnances quotidiennes. Après le retour à domicile, le volet communautaire du programme prend en charge la mère et son bébé, assurant ainsi la continuité de l’interaction avec tous les bénéficiaires de la méthode.

Conditions d’accueil :

Les soins kangourou peuvent être adoptés chez le nouveau-né en détresse vitale présentant des difficultés respiratoires, des troubles digestifs ou des problèmes infectieux. Il est recommandé de les mettre en route le plus tôt possible, mais ils doivent être retardés chez le nouveau-né présentant des troubles neurologiques, notamment les convulsions, qui nécessitent une observation continue et méthodique.

Rôle du psychologue du PMK dans l’Unité de néonatologie

Place du psychologue dans l’Unité de néonatologie

Les parents des nouveau-nés hospitalisés en néonatologie sont sujets à des taux élevés d’anxiété et de dépression [13]. La dépression maternelle affecte négativement les interactions mère-enfant chez les nouveau-nés prématurés [14]. L’intégration du psychologue dans l’Unité de néonatologie est essentielle, non seulement pour assurer le bien-être émotionnel des mères, mais également pour soutenir l’équipe médicale dans la gestion de situations complexes [15]. En effet, les soins psychologiques ne se limitent pas à une simple écoute, mais se rapprochent d’une forme d’attention profonde, rappelant celle qu’une mère peut accorder à son enfant. Cette attention se manifeste par des interventions basées sur l’empathie, la contenance, et un soutien émotionnel permettant de stabiliser la mère dans un moment de grande vulnérabilité. La prise en charge psychologique se définit ainsi comme un ensemble d’actions orientées vers l’altérité, favorisant la construction d’un environnement de confiance et de sécurité pour la mère et l’enfant.

Complexité de l’intervention psychologique en milieu néonatal

Le contexte néonatal se caractérise par un rythme soutenu et une prise en charge souvent marquée par l’urgence. Les soins médicaux exigent rapidité et précision, tandis que le soutien psychologique requiert du temps, de la patience et une approche personnalisée. Ces deux modalités, bien que paraissant opposées, sont complémentaires. Le psychologue doit s’adapter à cette dynamique d’urgence tout en maintenant un espace d’écoute et de dialogue, ce qui est indispensable pour instaurer un lien de confiance avec la mère. Cette complémentarité entre soins médicaux et psychologiques contribue à créer un environnement global de soins, propice à la survie et au bien-être du nouveau-né.

Accompagnement personnalisé des mères

Le Psychologue du PMK est la porte d’entrée au niveau de l’Unité de néonatologie, pour les parents ou particulièrement pour la mère, lorsqu’elle est présente au moment de l’hospitalisation. Il accueille cette mère (ou les autres membres de la famille), dès l’admission, en informant sur les conditions générales du bébé, particulièrement sur son déficit pondéral et les particularismes de sa prise en charge. Son rôle s’articule autour de plusieurs fonctions spécifiques. Dès l’admission de l’enfant, il évalue le niveau de compréhension et d’acceptation de la mère et des proches présents. L’objectif est d’amorcer une relation de confiance, facilitant ainsi la coopération et la participation active des parents au processus de soin. Ce moment d’accueil est fondamental, car il permet de réduire le choc émotionnel initial et de préparer la mère à un engagement positif dans la prise en charge de son enfant [16].

Toutefois, il n’est pas rare que des obstacles à cette coopération émergent, notamment en raison de la précarité économique, du stress ou d’un manque de compréhension des consignes médicales. Le psychologue doit donc utiliser des stratégies adaptées pour sensibiliser la mère et l’inciter à s’impliquer activement, tout en respectant son rythme et ses limites. Une fois cette relation de confiance établie, le psychologue travaille de concert avec le personnel infirmier pour renforcer les actions éducatives et thérapeutiques, notamment en facilitant l’adhésion à la méthode mère kangourou. Ce lien avec ces mères transcendera le séjour hospitalier à travers un dialogue au cours de la surveillance clinique post hospitalisation et à travers le suivi communautaire.

Temps d’écoute et identification des besoins psychologiques

image 5: Psychologue du MMK en visite à domicile d’un patient avec hydrocéphalie

Le temps d’écoute offert à la mère constitue un moment clé pour exprimer ses émotions, ses peurs et ses doutes. Le psychologue invite la mère à verbaliser son vécu, depuis la grossesse jusqu’à la naissance prématurée de son enfant, tout en identifiant les difficultés d’ordre cognitif (pensées négatives sur la viabilité de l’enfant), émotionnel (peur de perdre l’enfant) et relationnel (distance émotionnelle ou évitement) [17]. Ces moments d’échange permettent d’adopter une approche individualisée et de mettre en place des stratégies pour soutenir la mère dans son processus d’acceptation et de renforcement de la relation avec son bébé.

Ce processus d’écoute se termine souvent par des exercices de relaxation, tels que la cohérence cardiaque, pour aider à la gestion de l’anxiété et du stress post-traumatique, fréquemment observés chez ces mères. L’objectif est de leur permettre de retrouver une stabilité émotionnelle, essentielle à la construction d’une relation mère-enfant de qualité [11].

Adaptation aux Contextes spécifiques des mères

La clientèle du psychologue en néonatologie est diversifiée, chaque profil maternel présentant des besoins psychologiques et des enjeux différents [18]. Le degré d’attention à apporter à une mère adolescente, par exemple, est distinct de celui requis par une mère multipare. La jeune mère est souvent confrontée à la confusion et à un sentiment de solitude. L’accompagnement doit donc inclure un soutien intensif pour l’aider à s’approprier son rôle maternel et à se projeter positivement dans la prise en charge de son enfant. La situation sera aussi délicate pour cette maman multipare qui confronte sa première naissance prématurée. Il s’agira de la déculpabiliser et de la porter à accepter sa progéniture comme elle a eu à le faire pour les naissances antérieures.   

Pour les mères souffrant de maladies chroniques (hypertension, VIH, etc.) ou présentant des signes de dépression post-partum (baby blues), le soutien doit être renforcé pour tenir compte de leur condition de santé globale. Dans ce contexte, il ne s’agit pas seulement de soutenir la relation mère-enfant, mais aussi de répondre à des besoins psychologiques plus complexes, souvent liés à l’acceptation de leur propre condition médicale [18].

Suivi post-hospitalisation et continuité des soins

Après la sortie de l’hôpital, les mères sont encouragées à ramener leur enfant pour des consultations de suivi régulières. La fréquence de ces rendez-vous est déterminée en fonction du poids et de l’état de santé général du nouveau-né au moment de la sortie. Ces consultations constituent non seulement une occasion d’évaluer la croissance et le développement de l’enfant, mais elles offrent également un espace de dialogue entre les mères et le psychologue. Ce suivi post-hospitalier permet de maintenir et de renforcer le lien initialement créé durant l’hospitalisation, tout en offrant aux mères un lieu pour partager leur vécu et recevoir des conseils adaptés à leurs besoins spécifiques.

Le retour régulier à l’Unité permet aux mères de démontrer leur maîtrise des soins acquis et de renforcer leur confiance en elles en tant que principales responsables du bien-être de leur enfant. À travers ces interactions, les mères peuvent exprimer les défis auxquels elles sont confrontées et obtenir des réponses personnalisées, facilitant ainsi une continuité de soins centrés sur le bien-être global du duo mère-enfant.

Perception des mères des soins centrés autour de la MMK à l’Unité de néonatologie de l’HUEH

Groupes de parole : partage d’expériences et soutien entre pairs

Durant les visites de suivi, le psychologue organise des séances de groupe entre les nouvelles mères inscrites dans le PMK et les mères plus expérimentées, appelées les « anciennes mamans kangourous ». Ces séances de guidance sont des espaces de partage, où les mères qui ont déjà traversé les étapes complexes de la prise en charge d’un nouveau-né de faible poids témoignent de leur expérience et présentent leurs enfants ayant atteint un poids normal et une santé stable.

Les témoignages de ces « anciennes mamans » deviennent des sources d’inspiration et de motivation pour les nouvelles mères, particulièrement lorsqu’elles s’inquiètent du rythme lent de prise de poids de leur enfant ou de l’absence de progrès immédiats. Ce processus de mentorat informel aide à réduire les angoisses liées à la stagnation pondérale et à inculquer la patience nécessaire pour persévérer dans l’application de la méthode kangourou. En outre, ces échanges constituent une forme de soutien communautaire puissant, car ils montrent que les efforts déployés par les mères portent leurs fruits à long terme.

Un certain nombre de mères décidaient de discontinuer la prise en charge kangourou lorsque les résultats escomptés tardaient à apparaître, en raison du stress et de l’épuisement psychologique. La mise en place des groupes de parole contribuait de manière significative à inverser cette tendance. La possibilité pour les nouvelles mères de voir des exemples concrets de succès (les enfants des anciennes mères) et d’entendre les stratégies qu’elles ont employées pour surmonter les périodes de stagnation pondérale permettait d’éliminer les cas de désistements du PMK. Le partage d’expériences positives entre mères crée un sentiment d’appartenance à une communauté, ce qui renforce leur détermination à poursuivre malgré les difficultés initiales.

Impact du PMK sur la fréquence des abandons

Historiquement, des nouveau-nés, particulièrement ceux de faible poids, étaient abandonnés par leur mère. Ces dernières, sous la pression de proches, ou prenant en considération la conception du grand public qui considère le nouveau-né prématuré comme étant un être non viable, saisissaient la première occasion pour s’enfuir de l’hôpital. Avec l’instauration du PMK et les interventions du psychologue, ces cas d’abandons ont disparu.

Adaptation et révision des interventions du psychologue

Les réactions, commentaires et inquiétudes exprimés par les mères au cours des sessions de groupe de parole, fournissent également des informations précieuses au psychologue. En observant les interactions et en écoutant les témoignages, il est en mesure d’identifier les aspects de la prise en charge qui pourraient nécessiter des ajustements, que ce soit au niveau de la communication avec les mères, de l’accompagnement émotionnel ou de l’application pratique de la MMK. Cette dynamique de rétroaction continue permet d’affiner les stratégies de soutien, d’adapter les outils pédagogiques et d’assurer que les interventions demeurent pertinentes et efficaces.

Témoignage des mères

Les groupes de parole et le suivi post-hospitalisation offrent une opportunité unique de créer un cercle vertueux où les mères, à travers leurs récits, contribuent à la co-construction d’un environnement de soins plus empathique et mieux adapté à leurs réalités. En témoignent ces commentaires recueillis lors des groupes de parole, qui renforcent la conviction de l’humanitude qui se dégage de cette relation mère-enfant :

Patient A :

Mwen kontan jan bebe vin ye a. Pou mwen metòd la bon, li efikas nan sans sa’a. Sèlman mwen twouve’l gate timoun yo ; Yo vin renmen kenbe nan men an twòp.

« Je suis contente de voir comment mon bébé a évolué. Pour moi, la méthode est bonne, elle est efficace dans cette situation. Seulement, je trouve que les enfants sont trop gâtés ; ils aiment trop être portés dans les bras. »

Patient B :

MMK an bon, se vre! Li degoutan nan plede kenbe a men an. Men  li  ede’m anpil pou bebe te  ka pran pwa epi gwosi.

« La MMK est bonne, c’est vrai ! C’est fatigant de les porter tout le temps. Mais ça m’a beaucoup aidée pour que le bébé prenne du poids.»

Patient C :

Mwen twouve metòd la bon anpil. Paske, lè bebe te fèt li te piti anpil. Se gras ak kangourou a li rive pran pwa. Epi’m twouve metòd la ede’m anpil avè’l, lè lap kriye pou’m kalme’l.

« Je trouve la méthode très bonne. Parce que, quand le bébé est né, il était très petit. Grâce au kangourou, il a réussi à prendre du poids. Et je trouve que la méthode m’aide beaucoup à le calmer quand il pleure. »

Certaines mères expriment toutefois des réserves sur le contact prolongé avec leur bébé, qu’elles perçoivent parfois comme contraignant. Cependant, ces sentiments s’estompent face à la satisfaction de voir leur enfant prospérer grâce au programme.

Défis et perspectives

L’intervention du psychologue dans un contexte de soins néonatals reste un défi, particulièrement dans des environnements à ressources limitées comme l’Haïti. La difficulté réside dans la conciliation entre les besoins urgents des nouveau-nés et le temps nécessaire à l’accompagnement psychologique. Cependant, l’expérience de l’Unité de néonatologie de l’HUEH est de nature à montrer qu’une approche intégrée et multidisciplinaire, où le psychologue joue un rôle important, permet d’améliorer la qualité des soins, de promouvoir une meilleure coopération des parents et de favoriser le développement harmonieux de l’enfant. Les défis résident également dans la parcimonie des ressources et les besoins en formation du personnel.

Conclusion

La méthode mère kangourou constitue une approche efficace et économique pour la prise en charge des nouveau-nés de faible poids dans les contextes à faibles ressources. L’accompagnement psychologique des mères est un complément essentiel qui permet de répondre aux besoins émotionnels des familles et de favoriser une prise en charge centrée sur le bien-être global de l’enfant et de sa mère. Cette expérience d’intégration d’un psychologue à l’équipe de soins néonatals à l’HUEH est aussi un champ prometteur de recherches quantitatives et qualitatives qui viendront documenter les effets bénéfiques de cette approche dans un contexte local. Les résultats de ces études favoriseront la promotion d’une humanisation des pratiques néonatales pour une prise en charge optimale. Ainsi, l’institutionnalisation du rôle du psychologue dans les unités de néonatologie pourrait constituer un modèle pour d’autres centres hospitaliers.

Références

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Auteur/autrice

dodleys@hotmail.com

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