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C. Leick-Courtois a, S. Haÿs aT. Perpoint b, E. Basson aM. Valette dB. Lina dA. Boibieux bJ.-C. Picaud a c

Résumé

Au printemps 2009, au moment où l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré la pandémie grippale A H1N1v, très peu de données étaient disponibles concernant la grippe A chez le nouveau-né et son traitement. À l’automne 2009, 4 enfants prématurés hospitalisés dans notre service de néonatologie étaient infectés par le virus A H1N1 et 13 autres enfants recevaient un traitement préemptif par oseltamivir. Notre objectif est de décrire ces cas et leur prise en charge, afin d’en tirer les enseignements concernant la gestion de l’isolement de ces patients, la tolérance digestive de l’oseltamivir et la capacité de ces patients à s’immuniser. Les 4 patients atteints étaient nés prématurément (âge gestationnel médian : 27 semaines d’aménorrhées (SA) (min 27 SA, max 29 SA), poids de naissance médian : 1095 g (min 780 g, max 1500 g), et étaient âgés de 106 j de vie (min 98j, max 120j) lorsqu’ils ont été atteints par la grippe A, sous forme d’un syndrome brady-apnéique (SBA) ou d’une toux. Si la réaction de polymérisation en chaîne (PCR) s’est avérée utile pour le diagnostic, notre expérience montre la nécessité d’une culture virale pour gérer l’isolement respiratoire des patients. Au total, 17 enfants ont reçu de l’oseltamivir. La tolérance digestive a été bonne et la ration alimentaire a pu être augmentée pendant le traitement. Les 4 enfants infectés ont montré une bonne capacité à s’immuniser vis-à-vis de la grippe A H1N1v.

Summary

Since WHO announced the flu-like pandemic H1N1v in autumn 2009, data on clinical presentation and treatment of H1N1v infection in preterm infants with oseltamivir remain scarce. We cared for four infected preterm infants and ordered prophylactic treatment with oseltamivir in 13 additional contact preterm infants. A number of lessons can be drawn from this experience. The first two cases in twins were revealed by an increase in the number of apnea and one infant required mechanical ventilation. Cough was the major symptom in the two other infected infants. No digestive intolerance was observed among the 17 preterm infants during oseltamivir treatment. Polymerase chain reaction (PCR) quickly determined whether an infant was infected, making it helpful in deciding on initial containment. PCR remained positive, whereas culture became negative. Therefore, culture appeared to be more relevant in deciding on the end of containment. Follow-up of the four infected infants showed their ability to develop immunity against H1N1v.

Introduction

En novembre 2009, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré l’état de pandémie grippale de niveau 6 pour la grippe A H1N1 dans le monde. Le virus A (H1N1v) était un virus grippal émergent dont on ne connaissait ni la contagiosité ni la virulence [1], [2]. La transmission était essentiellement manu- et aéroportée, mais le virus avait une durée de vie longue d’environ 2 à 3 h sur les surfaces. Selon les réseaux de surveillance (Groupes régionaux d’observation de la grippe [Grog], Sentinelles de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale [Inserm]) le nombre de personnes consultant et le nombre d’hospitalisations pour syndrome grippal étaient en forte augmentation à la mi-novembre, 16 nouveaux décès étaient enregistrés [3]. Les classes d’âge les plus touchées étaient les 15/64 ans et les 1200 virus testés étaient sensibles à l’oseltamivir [1].

À cette époque il y avait très peu d’informations disponibles et validées concernant la prise en charge préventive ou curative des nouveau-nés. Le traitement de la grippe A H1N1 est avant tout symptomatique. Cependant en raison du contexte pandémique, de la méconnaissance du tableau clinique et de la gravité potentielle de cette pathologie, l’oseltamivir (Tamiflu®) a été proposé comme traitement chez l’enfant, quel que soit son âge, sur la base d’un schéma thérapeutique et prophylactique proposé par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) [4]. Les effets secondaires de l’oseltamivir décrits chez l’adulte et le grand enfant sont essentiellement digestifs (nausées, vomissements, diarrhées, dyspepsie, douleurs abdominales), ainsi que céphalées et sensation vertigineuses [5], [6].

Notre objectif est de décrire les cas de grippe A H1N1 chez le nouveau-né et leur prise en charge afin d’en tirer les enseignements concernant la gestion de l’isolement de ces patients, leur tolérance digestive de l’oseltamivir et leur capacité à s’immuniser.

Population et méthodes

Le service de néonatologie de la Croix-Rousse comporte 45 lits regroupés en 3 unités de soins (réanimation, soins intensifs et néonatologie) de 15 lits chacune. Ces unités sont ouvertes, sans séparation matérielle complète entre les couveuses ou berceaux. Chaque unité est divisée en 3 zones de 5 lits, séparées par des cloisons centrales partielles. Chaque enfant est séparé de son voisin d’une distance d’environ 2 m.

Les données concernant les enfants ont été étudiées de façon rétrospective, à

Résultats

Au cours de l’épisode de pandémie grippale 2009, 4 cas de grippe A H1N1 ont été diagnostiqués dans le service et 13 enfants ont reçu un traitement préemptif par oseltamivir.

Discussion

À l’occasion de l’apparition de 4 cas de grippe A néonatale, nous avons pu observer que la symptomatologie est sensiblement différente de celle du plus grand enfant, avec une prédominance des apnées et de la toux. Dans la population des patients traités par oseltamivir (4 enfants atteints et 13 contacts) le traitement a été bien toléré sur le plan digestif. Il est apparu possible de gérer ces cas de grippe A dans un service « ouvert », en limitant le nombre de cas de grippe A symptomatiques

Conclusion

L’épidémie de grippe A H1N1, a pu être limitée dans notre service grâce à la mise en place de mesures d’isolement, à l’utilisation de l’oseltamivir chez les professionnels et les enfants. L’oseltamivir semble pouvoir être utilisé chez le nouveau-né hospitalisé en néonatologie sans effets indésirables notables à court terme, notamment au niveau digestif. Cela nécessite d’être confirmé par le suivi systématique de larges populations d’enfants traités par ce produit. Une réponse humorale vis-à-vis 

Auteur/autrice

dodleys@hotmail.com