Le Pwogram Manman Kangourou (PMK)
La mortalité néonatale occupe une place prépondérante dans la mortalité infantile ; elle compte pour environ 50 % de la mortalité infantile chez les moins de cinq ans. À travers le monde, cette proportion continue à augmenter avec la baisse du taux annuel de la mortalité infantile, et une stagnation, si ce n’est pas une augmentation, du taux de la mortalité néonatale. En Haïti, mon étude sur le « Profil des causes de la mortalité néonatale » (2013) révèle un taux de mortalité néonatale de 27 ‰, identique à celui relevé en 2009, confirmant cette stagnation. La même étude révèle que 49 % des nouveau-nés décédés ont un âge gestationnel allant de 20 à 37 semaines d’aménorrhée avec un pic dans ce groupe, de 26 % dans la tranche de 30 à 33 semaines d’aménorrhée. La prématurité constitue ainsi la toile de fond chez près de la moitié des cas de nouveau-nés décédés. Les complications de la prématurité sont parmi les principales causes de morbi-mortalité au sein de l’Unité de néonatologie de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH). Cette constatation s’est confirmée à travers les années, de même qu’une constante augmentation du nombre de nouveau-nés prématurés hospitalisés.
La Méthode Mère Kangourou (MMK), où le nouveau-né est retrouvé en position peau à peau avec sa mère, une approche pouvant contribuer à une meilleure gestion de cette fragile catégorie et du même coup réduire les risques de décès, a fait ses preuves et a été adoptée à travers le monde. En 2011, je l’introduis formellement en Haïti, à l’Unité de néonatologie (UNe) de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH). Compte tenu de l’impact sur la prise en charge des patients de faibles poids et des résultats qui en découlent, l’application de cette dite approche devrait être considérée comme étant une activité de référence pouvant apporter au système sanitaire national, un outil permettant d’aborder concrètement le vœu pieux de réduction du taux de la mortalité néonatale. Son renforcement en vue d’une expansion vers d’autres structures sanitaires devrait être le souci de la communauté médicale, en commençant par les autorités et décideurs du secteur santé.



Auteur/autrice
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