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Les antibiotiques sont la classe de médicaments la plus utilisée en néonatologie, mais ils sont à l’origine de nombreux effets indésirables, dont l’apparition de résistances bactériennes. Comme chez les patients plus âgés, des efforts sont donc déployés pour réduire leur administration chez les nouveau-nés. Cependant, les résultats de ces efforts sont peu documentés.

Une lettre de recherche rapporte l’évolution de la consommation des antibiotiques dans la moitié des Unités de Soins Intensifs Néonatales (USIN) des Etats-Unis (735/1 424), sur une période de naissances de 13 années (2009-2021). Les données sont issues de la Premier Healthcare Database. Elles sont limitées aux antibiotiques administrés par voie parentérale aux nouveau-nés nés dans l’établissement hospitalier des USIN (inborn).

Une étude transversale sur 13 années

Environ 1,4 million de nouveau-nés sont inclus dans l’étude. Les USIN participantes ont admis un nombre médian de 146 enfants par an (Ecart InterQuartile 25-75 [EIQ 25-75] : 48-307), et la durée médiane du séjour dans les USIN des jeunes patients était de 5 jours (EIQ 25-75 : 3-13).

Des antibiotiques ont été prescrits à 45% des nouveau-nés ; les plus prescrits sont l’ampicilline et la gentamicine, loin devant la vancomycine et le céfotaxime.

La proportion d’enfants ayant reçu une antibiothérapie parentérale est passée de 55 % en 2009 à 36 % en 2021, soit une réduction relative de 34 % en 13 années et une différence absolue moyenne de -1,9 % par an (Intervalle de Confiance de 95 % [IC 95%] : -2,6 à -1,3 % ; p <0,001).

Le nombre de journées d’antibiothérapie parentérale était de 374 ‰ patient-journées en 2009 ; il est descendu à 192 ‰ patient-journées en 2021, soit une réduction relative de 49 % en 13 ans et une différence relative de -6,9 % par an (IC 95 % : -8,1 à -5,7 % ; p <0,001).

Les réductions de consommation les plus importantes concernent l’ampicilline (réduction relative : -35 % en 13 ans ; différence absolue : -1,9 % par an) et la gentamicine (réduction relative : -32 % en 13 ans ; différence absolue : -1,8 % par an). L’utilisation de vancomycine a été divisée par deux, celle de céfotaxime par 20 à cause d’une pénurie. Seule l’utilisation de ceftazidime a augmenté (multipliée par 5). Celles de céfazoline, céfépime, pipéracilline-tazobactam, pénicillines M et carbapénèmes n’ont pas changé significativement.

Cette étude transversale itérative ne comprend pas le volet bactériologique nécessaire pour suivre l’évolution des résistances bactériennes. Elle montre une diminution importante de la consommation des antibiotiques dans les USIN, en particulier de l’ampicilline et de la gentamycine. Cette diminution peut être attribuée aux actions de promotion du bon usage des antibiotiques (stewardship) et à la mise à jour des recommandations pour la prise en charge des infections néonatales précoces.

Dr Jean-Marc Retbi

RÉFÉRENCE

Flannery DD, et al. Antibiotic Use Among Infants Admitted to Neonatal Intensive Care Units. JAMA Pediatr. 2023 Oct 9:e233664. doi: 10.1001/jamapediatrics.2023.3664.

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Auteur/autrice

dodleys@hotmail.com