La constipation de l’enfant, en lien avec plusieurs types de stress
Dr Roseline Peluchon | 01 Décembre 2023
Près d’un enfant sur 3 serait atteint de constipation fonctionnelle. Il s’agit de la pathologie gastro-intestinale la plus fréquente dans la population pédiatrique. Parmi les facteurs possibles, plusieurs études ont relevé une corrélation entre la constipation fonctionnelle et l’état psychologique de l’enfant.
Une équipe indonésienne a réalisé une méta-analyse de 11 études incluant plus de 25 000 enfants, de 2 mois à 17 ans. L’objectif était d’évaluer la relation entre le stress physiologique de l’enfant et la constipation. L’analyse confirme une relation significative entre ces deux conditions. Plusieurs types de stress ont été analysés.
Une association avec différents stress
Le stress familial peut consister en l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille, le décès de l’un des membres, des querelles familiales, mais il peut s’agir aussi de méthodes éducatives trop autoritaires, ou de la restriction de l’autonomie de l’enfant. Les conflits entre les parents, les conflits parents-enfants ou encore la perte de travail de l’un des parents sont des facteurs de stress et associés à la constipation. Les perturbations de la routine du sommeil peuvent doubler le risque de constipation.
Le stress relatif à la scolarité peut survenir à la rentrée à l’école. C’est un facteur favorisant de la constipation, en lien principalement avec la crainte d’utiliser les toilettes de l’école et au harcèlement scolaire. En revanche, les problèmes relationnels avec les autres enfants ne semblent pas être un facteur favorisant.
L’exposition aux évènements stressants de la vie est elle aussi fortement associée à la constipation fonctionnelle. C’est le cas par exemple de l’alcoolisme paternel, la survenue d’une maladie chez un proche, ou l’hospitalisation de l’enfant.
Enfin, le risque de constipation est plus élevé chez les enfants présentant un stress en lien avec des troubles psychologiques. C’est le cas de ceux présentant des symptômes émotionnels, des problèmes de conduite, de l’hyperactivité, des troubles oppositionnels.
Quant aux autres facteurs favorisant, citons notamment l’anxiété maternelle prénatale ou post-natale, qui semble associée à un risque de constipation, plus fortement que la dépression du post-partum.
Si les auteurs soulignent que la relation de cause à effet n’est pas démontrée, ils évoquent toutefois plusieurs hypothèses concernant le mécanisme de la constipation dans ces contextes. Il peut s’agit de causes mécaniques, à l’œuvre lors de la retenue des selles pour les enfants qui craignent d’aller aux toilettes à l’école, ce qui peut être à l’origine d’impaction fécale dans le rectum, de dilatation intestinale, et de ralentissement du péristaltisme.
Mais l’anxiété peut aussi provoquer une distorsion des fonctions cognitives et/ou perceptuelles, des muscles lisses et des muscles striés. Quant au harcèlement, le stress qu’il provoque peut activer une réponse neuro-hormonale à travers l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, dont l’une des conséquences peut être le ralentissement du transit.
References
Gozali FS, et coll. Relationship between psychological stress with functional constipation in children: a systematic review. Pan Afr Med J. 2023 Sep 7;46:8. DOI: 10.11604/pamj.2023.46.8.41130
Auteur/autrice
dodleys@hotmail.com
