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Peu de données internationales ont été publiées sur la Covid-19 dans sa forme pédiatrique en ambulatoire, mais des tendances fortes ont vite été notées : la faible positivité des tests RT-PCR chez l’enfant et la fréquence des formes peu symptomatiques et des signes non spécifiques. Les taux de positivité ont toujours été plus bas chez l’enfant que chez l’adulte, même en période de circulation virale intense.

Quand tester ? Les données permettent d’établir une probabilité pré-test

Au cours d’une intervention pendant le Congrès de la Société Française de Pédiatrie, le Dr Christophe Batard a souligné que plus de 10 études ont été menées en ambulatoire en France en moins d’un an. L’étude COVILLE évalue la prévalence de la positivité, par RT-PCR et sérologie, chez des enfants asymptomatiques ou pauci symptomatiques en soins primaires. Au total 605 enfants ont été inclus en 1 mois, pendant le 1er confinement, en période de forte circulation virale : le taux de positivité dans cet échantillon est de 1,8 %.
L’étude VIGIL 1 inclut 1 553 enfants suspects d’infection par le SARS-CoV-2, symptomatiques ou non. Dans cette cohorte (moyenne d’âge 2 ans), la RT-PCR est positive dans 1,4 % des cas et l’on voit déjà l’impact de la notion de contact dans la probabilité de positivité du test : 1 % quand l’enfant n’a pas eu de contact avec un sujet atteint de Covid, versus 8,4 % en cas de contact.

Enfin l’étude VIGIL 2 a enrôlé, de novembre 2020 à avril 2021, en période de forte circulation virale, 259 enfants suspects. Le taux de positivité des tests RT-PCR est de 7 %, non modifié par l’apparition puis le développement du variant anglais. Aucun signe clinique prédictif de la positivité ne se démarque, mais plus l’enfant grandit, plus le taux de positivité se rapproche de celui de l’adulte.
Ces données permettent d’établir une probabilité de positivité pré-test. D’un point de vue pratique, quand un enfant est malade, en période de forte circulation virale, sans contact Covid, le risque de positivité est de 3,6 %. Dans la même situation, mais en période de faible circulation virale, il est de 1 %. Ce risque de positivité est multiplié par 21 si un adulte du foyer est positif.

Le Dr Batard insiste sur l’importance de la probabilité pré-test dont il faut tenir compte, comme il faut évaluer les conséquences diagnostiques et thérapeutiques du test avant de le prescrire.

Le PIMS, une nouvelle entité ?

Le Dr Véronique Hentgen fait ensuite le point sur le syndrome pédiatrique inflammatoire multisystémique, ou PIMS (pediatric inflammatory multisystem syndrome), appelé aux Etats-Unis MISC-C (multisystem inflammatory syndrome in children).

Fin avril 2020, en Ile de France, un nombre inhabituel de cas de myocardites est signalé chez des enfants ayant développé la Covid-19. Au même moment, une épidémie de « pseudo-Kawasaki » est rapportée par les médecins Italiens de Bergame et des « chocs » hyper-inflammatoires décrits chez des enfants au Royaume-Uni.

Une première courbe épidémique du PIMS est établie en France : 156 cas, dont 107 confirmés, entre le 1er mars et le 17 mai 2020. L’hypothèse est évoquée, non pas d’une infection aigüe au SARS-CoV-2, mais d’un phénomène post-infectieux, survenant en décalage avec le pic d’hospitalisation pour Covid chez l’adulte.

S’il y a des points communs avec le Kawasaki, le PIMS touche des enfants plus âgés (médiane 8 ans, versus 3 ans). La fièvre est mal supportée dans les deux cas, mais elle est plus aigüe dans le PIMS. Pour le diagnostic, la notion d’une infection par le SARS-COV-2 ou d’un contact familial de Covid-19 est essentielle. Les signes gastro-intestinaux, fréquents, doivent alerter.

La fréquence des myocardites et du choc cardiogénique, fait du PIMS une maladie grave avec un risque de décompensation très rapide, ce qui justifie une prise en charge hospitalière urgente. Au total, 541 cas de PIMS ont été déclarés en France. Une myocardite était présente dans 7 cas sur 10. L’incidence estimée est inférieure à 2 enfants sur 10 000 infectés par le SARS-CoV-2. Il s’agit donc d’une maladie rare, mais grave.

De nombreuses questions restent sans réponse concernant le PIMS, mais l’on s’oriente vers une maladie spécifique, survenant après une infection par le SARS-CoV-2, et dont la physiopathologie devra être explorée. Pour le moment, elle soulève plus de questions que de réponses.

Dr Roseline Péluchon

RÉFÉRENCES

Batard C. : Infection SARS-CoV-2 en ambulatoire chez l’enfant : Symptômes du Covid-19 chez l’enfant, facteurs de risque de positivité de la PCR chez l’enfant

Hentgen V. : PIMS (syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique lié au SARS-CoV-2 : une nouvelle maladie ? Diagnostic, physiopathologie et prise en charge

Congrès annuel de la Société Française de Pédiatrie. Du 19 au 21 mai 2021 (virtuel)

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Auteur/autrice

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